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PROSOM est l’association
nationale de PROmotion des
connaissances sur le SOMmeil.
PROSOM regroupe des scientifiques, des formateurs et
des acteurs de terrain pour des concertations, échanges
et créations communes en vue de mettre en place
des actions de sensibilisation ou d’éducation
sur le sommeil, la vigilance et les rythmes de vie. Par
ailleurs, PROSOM organise et anime des formations, des
rencontres, des conférences ainsi que la production
et la diffusion de supports pédagogiques adaptés
à différents publics.
L’association propose des stages sur le thème
du sommeil, stages qui s’adressent aux personnels
médicaux, socioéducatifs mais aussi aux enseignants.
Ainsi, un thème comme la relaxation
à l’école peut être abordé.
D’autre part, des brochures sur le sommeil de l’ado
(« Je dors, j’assure !) sous forme de BD ou
des plus jeunes (« le sommeil, un ami pour grandir...
»), ainsi que des dossiers techniques ou encore des
séries de diaporamas (« L’enfant et
ses rythmes ») peuvent être de bons supports
pour des activités en classe.
Les docteurs Françoise
Delormas, directrice de PROSOM et Élisabeth
Locard, de l’ADES du Rhône (association
départementale d’éducation
pour la santé) et médecin
à l’Hôpital Édouard
Herriot de Lyon, ont réalisé un
dossier intitulé
« L’écolier et son sommeil »
dont elles nous livrent ici le contenu. |
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| « Le mode de vie imposé aux enfants dans
les sociétés développées, l’usage
de la télévision les éloignent de
plus en plus d’un rythme biologique de type rural
où le synchronisateur naturel est l’alternance
jour/nuit et où l’exercice physique est intégré
naturellement à la vie de tous les jours. Ce bouleversement
des rythmes de vie s’accompagne de divers troubles
plus ou moins dépendants les uns des autres : déficit
chronique de sommeil, déficit de l’attention,
hyperactivité, obésité.» |
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| Une durée de sommeil insuffisante |
| À 3 ans, la durée physiologique moyenne
du sommeil est estimée à 12 heures. Une enquête
réalisée à Strasbourg, en école
maternelle, sur des enfants âgés de 3 à 4
ans, montre qu’une grande partie dort moins de 12
heures au cours du nycthémère. Les écarts
considérables entre les valeurs observées
chez les enfants qui ne font pas la sieste (75 % de l’échantillon)
ne peuvent être expliqués à eux seuls
par des différences des besoins individuels et les
auteurs concluent que deux tiers des enfants ont un déficit
chronique de sommeil. Plus tard, la situation va plutôt
en s’aggravant. Des enquêtes effectuées
en milieu scolaire montrent que les trois quarts des écoliers,
collégiens, lycéens ne bénéficient
pas d’un sommeil suffisamment régulier ni
d’une durée de sommeil suffisante. |
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| Des troubles fréquents... |
| Parmi les troubles du sommeil les plus fréquemment
décrits, figurent les difficultés,
refus ou autres perturbations du coucher et
de l’endormissement, les réveils
spontanés répétés
dans la nuit ainsi que les perturbations paroxystiques
du sommeil telles que les terreurs nocturnes
et les cauchemars. |
| On estime que vers 3/4 ans, 22 à
29 % des enfants ont des problèmes de
sommeil. 15 % ont des difficultés d’endormissement
et 23 % se réveillent régulièrement. À 5
ans, encore 19 % des enfants se réveillent
au moins une fois dans la nuit et 38 % ont
régulièrement des cauchemars.
Ces problèmes s’estompent en général
avec l’âge, tandis que d’autres
apparaissent à
l’adolescence, tels que les insomnies. |
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| ... aux conséquences fâcheuses |
| Le déficit en sommeil nocturne se traduit par
une non vigilance, voire une somnolence, des faibles capacités
d’attention, surtout en début de matinée,
et d’autre part, par de faibles performances des
enfants aux tests et tâches scolaires. Sans que l’on
puisse établir de façon sûre une relation
de cause à effet, les troubles du sommeil apparaissent également
comme plus fréquents chez les enfants présentant
des signes d’hyperactivité
et un déficit de l’attention. |
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Par ailleurs, il a été observé
chez des enfants de 2 à 6 ans dont les
parents avaient des rythmes de vie contraignants,
et en particulier la mère, des perturbations
du rythme veille-sommeil. Tout se passe comme
si les facteurs sociaux et environnementaux
engendraient une désynchronisation psychique
et physique. On sait en effet que, très
tôt, « l’expérience
» conditionne la mise en place du rythme
veille/sommeil.
La prévention des déficits qualitatifs
et quantitatifs du sommeil se situe non seulement
à la maison, mais aussi à l’école.
Les parents, face aux difficultés qu’ils
rencontrent, ont besoin d’être
informés et conseillés.
Le sommeil doit être préparé
par un contexte affectif et environnemental
adéquat qui permette de faire désirer à l’enfant
le moment de la sieste et du coucher. » |
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| Les cinq stades du sommeil |
Les quatre premiers stades de
sommeil sont le sommeil lent, léger d’abord,
puis profond : c’est
en sommeil profond qu’est secrétée
l’hormone de croissance et la prolactine. Il faut
savoir le reconnaître pour ne pas le perturber.
Le
cinquième stade est le sommeil paradoxal, avec rêves,
caractérisé par une grande activité cérébrale
et une véritable paralysie du corps, par des mouvements
des muscles du visage et des mouvements oculaires rapides à connaître
aussi pour ne pas le casser sous peine de perturber les
fonctions de ce stade.
Entre deux cycles, le sommeil redevient très léger
(période intermédiaire) et des éveils
nocturnes peuvent survenir. La meilleure façon de
s’éveiller, c’est spontanément,
c’est-à-dire lors d’une période
intermédiaire. Sinon, il faudrait que cet éveil
soit provoqué par des bruits non agressifs, progressifs
et qui, légers, ne puissent pas casser le sommeil
lorsqu’il est profond ou paradoxal. |
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| Le sommeil de l'enfant de 4 à 12
ans |
L’enfant de 4 à 12 ans est habituellement
très vigilant dans la journée, s’endort
très vite le soir, dans un sommeil très profond.
Le temps de sommeil total au cours de cette période
se réduit. La durée totale de sommeil par
24 heures devient inférieure à 12 heures.
Cette réduction est presque entièrement liée à la
disparition de la sieste ; après 6 ans, elle est
davantage liée à un retard progressif de
l’heure du coucher, le lever, pour des impératifs
scolaires, restant fixe. À
partir de 4-6 ans, ce sommeil va devenir très profond
au cours de la première partie de la nuit. Les deux
premiers cycles de sommeil ne comportent souvent pas de
phase de sommeil paradoxal, mais uniquement du sommeil
lent profond. La première phase de sommeil paradoxal
n’apparaîtra qu’après 2 ou 3 heures
de sommeil. Ce sommeil très profond a des difficultés à s’alléger.
Les transitions vers un autre état de vigilance
vont être difficiles. Ces caractéristiques
expliquent que certains troubles du sommeil liés
au sommeil lent profond, comme les terreurs nocturnes,
le somnambulisme, soient fréquents et généralement
peu inquiétants à ces âges. |
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| Le sommeil de l'adolescent |
Les rythmes veille/sommeil de l’adolescent sont
soumis à de nombreuses contraintes sociales et scolaires.
L’ado aime se coucher tard. Mais cette tendance est
aussi biologique, liée probablement aux transformations
hormonales de la puberté. Au cours de cette période,
le sommeil lent profond devient moins abondant, le sommeil
plus léger en début de nuit et les endormissements
plus difficiles.
Il s’ensuit souvent en période scolaire une
réduction importante du sommeil nocturne, réduction
qui atteint presque 2 heures entre 12 et 18 ans ; alors
que les besoins physiologiques réels de sommeil
non seulement ne diminuent pas mais sont probablement plus
importants. Il existe très souvent chez l’adolescent
un déficit chronique en sommeil. Pour rattraper
ce retard, il allonge ses matinées de sommeil au
cours des week-ends et des vacances. Les horaires de sommeil
deviennent irréguliers. |
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| > Tenir compte des «
creux » de vigilance : les débuts
de matinée et d’après-midi ne
devraient pas être consacrés à
des apprentissages nouveaux et poussés. Il
n’y a pas de discipline de première
et de seconde classe, mais des acquisitions nouvelles
ou des « révisions » pour chaque
discipline. |
| > Tenir compte du temps
d’attention soutenue pour lequel on
peut donner des chiffres moyens, mais qui est très
variable selon les enfants, la matière enseignée,
la fatigue de l’enseignant, la pédagogie… |
| > Répartir de façon
harmonieuse et équilibrée les matières
d’enseignement, pour éviter
les surcharges horaires quotidiennes. |
| > Tenir compte des besoins
fondamentaux de l’enfant… de
jeux, de mouvements, d’alternances et de
récréations. La récupération
de la fatigue se fera soit par le repos, soit par
l’exercice physique libre, sans aucune contrainte
: la demande est différente selon les enfants
et selon leur âge en général. |
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| Le développement, le bien-être et
l’efficacité scolaire dépendent
évidemment aussi d’autres facteurs que
le sommeil et l’aménagement des rythmes
de vie : comportements affectifs, milieu
éducatif (familial et scolaire) rassurant
et motivant, qualités pédagogiques
des éducateurs, capacités à
respecter l’enfant et à répondre
à tous ses besoins fondamentaux |
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| En savoir plus : http://sommeil.univ-lyon1.fr/prosom/index.html |
| S.A.U n°112 - juin 2003 |
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