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  LA SANTÉ À L'ÉCOLE
  CONDUITES À RISQUES / JEUX DANGEREUX
Dans son rapport sur la santé des jeunes en milieu scolaire du 26 février 2003, le ministre délégué à l’enseignement scolaire introduisait ce thème en disant : « L’École a la responsabilité particulière, en liaison étroite avec la famille, de veiller à la santé et au bien-être des enfants et des jeunes qui lui sont confiés et de favoriser le développement harmonieux de leur personnalité. Elle doit également assurer leur éducation à la santé et contribuer à la prévention des conduites à risques. »
 
Ainsi, ce que les médias ont nommé «le jeu du foulard» fait partie de ces conduites à risques sur lesquelles il est très difficile d’engager des actions concrètes par crainte de l’incitation.
 
  En mars 2002, Jean-Michel CROISSANDEAU, missionné par le Ministère de l’Éducation Nationale, a rendu un rapport intitulé «Éléments d’informations sur le jeu du foulard ».

Bien sûr, le terme de « jeu » n’est certainement pas approprié d’autant qu’il existe une multitude de noms pour le désigner : « le cosmos, le rêve indien, le rêve bleu, 30 secondes de bonheur, l’étranglement (qui est le plus explicite), la tomate, la navette spatiale, la nuit merveilleuse… » Connaître ces différentes appellations fait partie de la vigilance demandée à toutes celles et ceux qui sont en contact avec les jeunes.

L’exemple de Rodolphe, 18 ans aujourd’hui est éloquent : «vers 14 ans, j’ai joué quelquefois à la nuit merveilleuse…et ce n’est que récemment que j’ai fait le rapprochement avec le jeu du foulard. En fait, c’était pareil, et ça m’a fait peur ! »
 
Rappelons qu’il s’agit d’un «jeu» d’étranglement, qui se pratique seul ou à plusieurs et dont l’objectif est de provoquer un évanouissement, en principe de courte durée, réputé provoquer des sensations de bien-être particulier. Malheureusement, cette pratique peut avoir de graves conséquences cardiaques et neurologiques irréversibles, voire s’avérer fatale.
 

D’après l’étude de Jean-Michel CROISSANDEAU fondée sur deux années de signalements d’incidents dans les établissements, ce « jeu » est essentiellement pratiqué par des garçons, pour la plupart collégiens entre 11 et 13 ans et les « étrangleurs » sont les mêmes que les « étranglés».

Mais il est important de noter que ce rapport a permis d’affirmer que, même si l’information sur ce « jeu » circule dans les établissements, il est rarement pratiqué dans l’enceinte de ceux-ci. Le plus souvent, on y joue à la maison, et c’est d’ailleurs au domicile des enfants que les cas les plus graves ont été relevés. On pratique aussi le jeu à l’occasion d’activités sportives, en ville surtout, ou pendant les vacances, en famille ou en collectivité de jeunes. Les statistiques sont difficiles à établir tant il existe d’amalgames entre « jeu » du foulard, suicide et morts violentes. Cependant «l’insuffisance d’informations quantitatives fiables n’a guère d’importance », rappelle J-M Croissandeau : «Le «jeu» du foulard est une conduite à risques, susceptible de graves conséquences. Un seul décès d’adolescent suffirait à mobiliser l’attention des éducateurs.»

S.A.U n°114 - décembre 2003