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  L’ÉCOLE ET LES TRANSPORTS
  EN GUYANE LE TRANSPORT SCOLAIRE DEVIENT GALÈRE !
Depuis la dernière rentrée, dans le bourg de Maripa-Soula en Guyane, le transport scolaire n’a cessé de rencontrer des difficultés. Plus particulièrement dans l’Ouest où les mouvements de mécontentements de parents, professeurs et syndicats ont commencé à se faire entendre.
Le sujet de la discorde ? Le nouveau règlement sur le transport scolaire qui stipule que les enfants qui habitent à moins de trois kilomètres du bourg n’ont plus le droit au transport…qu’il soit terrestre ou fluvial.
 
C’est là le véritable problème : des lignes sont supprimées et les nouvelles lignes ne sont toujours pas attribuées aux transporteurs. Pour l’instant, la réponse du Conseil Général est « qu’il n’existe pas de dotations pour tout ce qui est du transport fluvial. » Et d’ajouter que « les fleuves ne sont pas navigables ». Un paradoxe pour les nombreux enfants transportés chaque jour en pirogue sur le fleuve Maroni notamment.
 
Les problèmes sont récurrents tout le long du fleuve. Faute de nouvelles lignes, les pirogues sont surchargées.
 
Au village Abdallah par exemple, les cinquante enfants qui prenaient la pirogue se déplacent désormais à pied. Tous les matins, ils doivent parcourir 3 kilomètres de pistes pour se rendre à l’école. Claude, parent d’élève, ne décolère pas : « C’est terrifiant ce qui se passe ici, en même temps c’est risqué de lâcher nos enfants dans la nature à 3 kilomètres de piste, en pente, jusqu’à Maripa-Soula ! Ma fille qui n’a que 3 ans ne pourra pas faire cette marche tous les jours. En plus, il n’y a pas de cantines dans les écoles. S’ils veulent tout changer, on est d’accord, mais qu’il y ait un bus à la place de la pirogue ! » Théoriquement, certains enfants mettent environ une demi-heure, une heure pour les plus petits, avant de retrouver la cour de l’école. Ils arrivent en sueur pendant la saison chaude et trempés pendant la saison des pluies.
 

Selon le Conseil Général, ce règlement qui limite la prise en charge du transport des enfants existait déjà…il a simplement été remis en application sur le fleuve et sur tout le département. De fait, cette loi est appliquée sur l’ensemble du territoire sans exception. Logiquement, un lieu où il n’y a ni route ni piste peut être desservi - semble-t-il - par voie aérienne. Tandis que sur le fleuve, la pirogue peut être le dernier recours. En attendant, certains enfants sont contraints de faire du « stop-pirogue »…et les piroguiers doivent patienter.

S.A.U n°115 - mars 2004