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  L'ÉCOLE ET LA CITOYENNETÉ
  LE TRAVAIL DES ENFANTS AUJOURD'HUI
En France, où plusieurs milliers d’enfants vivent en dehors de toute scolarisation, bon nombre d’entre eux sont exploités, auxquels s’ajoutent ceux qui, sous couvert d’apprentissage, sont en fait déjà dans le monde du travail et de la production. Mais l’opacité la plus totale règne sur ces réalités.
 
Cependant, le travail des enfants en France n’a pas l’ampleur qu’elle revêt dans le tiers-monde.
 
L’école étant obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, des dérogations ont été établies, en France, pour des « objectifs bien déterminés » : « l’insertion professionnelle ou la découverte du monde du travail, qui concernent les apprentis, les jeunes qui suivent un enseignement en alternance et les adolescents qui effectuent des travaux légers pendant les vacances scolaires, ainsi que l’entraide familiale » , qui visent les secteurs du commerce, de l’artisanat et de l’agriculture.
 
La part des adolescents âgés de moins de 18 ans dans l’effectif des salariés est évaluée à 0,65 %, soit 130 000 jeunes sur 20 millions. C’est dans le commerce et dans la réparation automobile que cette proportion est la plus élevée (2,82%), suivies par les industries agricoles et alimentaires, l’hôtellerie-restauration et la construction.Les apprentis (211 000 contrats en 2002) constituent les gros bataillons des jeunes de moins de 18 ans au travail.
 
Cela constitue un véritable terreau pour les abus en tout genre commis par des employeurs peu scrupuleux. Beaucoup d’enfants sont exposés à des violations du droit du travail : non-paiement des salaires, promesses d’engagement non tenues, horaires excessifs, non-respect des dérogations à l’interdiction du travail de nuit des mineurs et des douze heures de repos consécutifs obligatoires, voire violences physiques et harcèlements sexuels. Plus difficiles à chiffrer sont les cas des mineurs de 14 à 16 ans affectés à des travaux légers dans les périodes de vacances scolaires : dans le secteur agricole, 12 000 déclarations environ ont été effectuées en 2000. Enfin, 13 500 enfants sont recensés par les fichiers de quinze agences de mannequins titulaires d’un agrément permettant d’employer des enfants.
 
Au-delà de ces abus, il existe aussi en France les « petits boulots » qui fournissent de l’argent de poche aux adolescents et les « stages sauvages ». Les difficultés d’embauche que rencontrent aujourd’hui beaucoup de jeunes à l’issue de leur formation aboutissent à utiliser de façon abusive la formule du stage pour dissimuler l’affectation de jeunes à des tâches qui sont celles d’un véritable salarié. Souvent, ces stages ne sont pas rémunérés et quand ils le sont, le pseudo stagiaire « perçoit une gratification » généralement très inférieure au SMIC ou au minimum conventionnel. Ainsi, par exemple, un restaurateur du Calvados a été condamné à deux amendes de 763 euros pour non-paiement de SMIC et à une amende de 2 287 euros pour travail clandestin parce qu’il avait employé pendant l’été deux « stagiaires » rémunérés à 30% du SMIC, qui n'étaient intégrés dans aucune formation, ni rattachés à un cursus scolaire.
 
Plus préoccupante est l’exploitation domestique des enfants acheminés en France avec des papiers falsifiés, qui atteint désormais les pays développés. Ces enfants, qui n’ont pas de contact extérieur, sont tenus d’accomplir, sans rémunération, des tâches domestiques, incluant la garde des enfants de leur employeur dans des conditions parfois très dures et les privant de tout accès à l’éducation. Sur 78 employeurs répertoriés en 2002 par le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM), 26 sont des diplomates bénéficiant à ce titre de l’immunité de juridiction pénale.
 
 
Source : diffusé sur le site de J-C Champagnat : www.droitsenfant.com

Rappel de la réglementation : code du travail modifié par ordonnance N°2001-174 du 22 février 2001.

Rappelons que le 12 juin a été proclamé « Journée Mondiale contre le travail des enfants.»

 
S.A.U n°116 - juin 2004