titre
               
            logo mae
               
Dossiers liens contact lien vers le site de la mae
               
   
 
Coopération parents/enseignants
Journées de rencontres et d'échanges
 
La sécurité à l'école
Le suivi de accidents scolaires
L'Éducation à la sécurité : l'affaire de tous
L'apprentissage des gestes de premier secours
 
L'école et les médias
Les jeunes et les médias
Le CLEMI
La semaine de la presse à l'école
 
L'école et la citoyenneté
Le travail des enfants aujourd'hui
La coopération à l'école : l'avenir citoyen
Les conseils d'enfants et des jeunes
Enseignants/Parents : l'avenir ensemble
Les oubliés de l'école en France
 
L'école et les transports
L'école loin de la maison
Les transports scolaires dans le monde.
L'ANATEEP
Les BETECS
Le CNT
En Guyane le transport scolaire devient galère
 
La santé à l'école
L'ergothérapie, une discipline à connaître
Conduites à risques : jeux dangereux
 
L'école à quel rythme ?
Les rythmes scolaires : que disent les textes ?
Le sommeil en question
Déplacements et rythmes de vie
 
L'école autrement
L'école à l'hôpital
L'école en prison
L'école à distance
L'école à horaires aménagés musicales
 
 
 
 
  L'ÉCOLE ET LA CITOYENNETÉ
  LA COOPÉRATION À L’ÉCOLE : L’AVENIR CITOYEN
L’OCCE, l’Office Central de la Coopération à l’École est l’organisme national qui fédère la vie et l’action pédagogiques d’environ 50 000 établissements scolaires. Avec 4 millions d’élèves adhérents de la maternelle aux classes post-bac, l’OCCE est une des plus importantes associations complémentaires de l’enseignement public. Pourtant, hormis son rôle de « gestionnaire » des coopératives scolaires, peu d’enseignants, de partenaires de l’École, de parents connaissent le projet associatif et les objectifs poursuivis par l’OCCE. Depuis très longtemps en effet, l’association met l’enfant au centre du projet pour le citoyen à venir.
 
Jean-François VINCENT, Président national de l’OCCE, nous parle de l’histoire de cette organisation et de ses perspectives pour l’école du XXIè siècle.
 
Quelles sont les racines de la coopération ?
 
C’est tout naturellement dans la mouvance des courants coopératifs, mutualistes et associatifs que la coopération scolaire va, au fil des ans, trouver sa place. Dans un appel aux enseignants, intitulé « L’éducation sociale et coopérative », paru en 1900 dans l‘Almanach de la Coopération, le Professeur Léopold Mabilleau, universitaire, Directeur du Musée social, premier Président de la Fédération Nationale de la Mutualité, expose la nécessité d’une éducation des élèves à la coopération.

« Combien de fois a-t-on remarqué que le principal obstacle au triomphe de la coopération est l’inexpérience des associés, leur inhabileté aux détails de la gestion, leurs habitudes individualistes, leur défiance ou leur timidité à faire valoir l’intérêt général, à dégager l’indépendance de l’œuvre commune ! N’y aurait-il pas dans la création de coopératives scolaires, juxtaposées aux mutuelles scolaires et, au besoin, fédérées avec elles, une préparation modeste mais discrète et sérieuse aux fonctions, aux devoirs de l’avenir ? C’est aux instituteurs de répondre. »

C’est de cette volonté de mettre en place, dès l’école primaire, une éducation sociale et coopérative qu’est né, quelques années plus tard, l’OCCE. Ses premiers statuts rendent compte de cette double origine : éducative et économique. Il s’agit alors d’encourager la création de groupements d’élèves, l’enseignement de la Coopération ou encore d’accorder aux élèves des récompenses ou des bourses d’études.
 
L’OCCE n’est donc, au départ, uniquement une association gestionnaire ?
 
Dans les statuts de 1929, les coopératives scolaires sont définies comme des « groupements d’élèves et d’anciens élèves » dont l’objectif est d’apporter un soutien matériel à l’école afin de mettre en place un enseignement plus actif. Le premier a explicité clairement, dès 1922, l’intérêt éducatif, et non seulement l’intérêt de gestion, de la Coopération à l’École fut l’Inspecteur Primaire Barthélémy PROFIT dont Célestin FREINET dira qu’il fut « l’inventeur de la "coopération à l’école" ».

C’est après la seconde guerre mondiale, sous l’impulsion de Jean SAINT-AUBERT, Inspecteur Primaire, Vice-président de l’OCCE, que l’association va intégrer dans ses statuts, dans son projet, les travaux de ces pédagogues de « l’éducation nouvelle ». Les coopératives scolaires sortent alors du cadre associatif de groupements d’élèves et d’anciens élèves pour devenir une œuvre éducative de l’école. « La coopérative scolaire a pour objet… de créer et de développer, parmi les élèves, l’esprit d’entraide et de solidarité ; de resserrer les liens d’amitié entre l’école et les parents d’élèves. »

Vingt ans plus tard, en 1968, la coopération devient une « méthode active d’éducation civique, morale et intellectuelle pour développer cet esprit d’entraide et de solidarité. »
Pourtant, même si l’enseignement de la coopération va demeurer un héritage statutaire, il va perdre peu à peu son sens dans le mouvement…dont les objectifs vont se centrer sur la gestion du nombre croissant de coopératives scolaires.
 
Comment l’OCCE est-elle devenue cette association quasi incontournable pour la gestion de l’argent de l'école ?
 
Il faut de nouveau faire un bref rappel historique. Jusqu’en 1939, les ressources de l’OCCE provenaient, pour l’essentiel, des cotisations des sociétés coopératives adultes. Après 1946, ces sociétés sont très affaiblies et c’est le Ministère de l’Éducation Nationale qui va apporter la plus grosse part des ressources de l’association sous la forme d’une importante subvention de fonctionnement.

Entre 1948 et 1962, des circulaires ministérielles vont inciter la création de coopératives scolaires et leur affiliation à l’OCCE. Cette « institutionnalisation » de l’OCCE va modifier considérablement le sens de l’adhésion.

Cette utilisation des coopératives scolaires à des fins purement gestionnaires n’est donc pas une réalité récente. L’absence de statut juridique des écoles primaires, l’ouverture de l’école, la généralisation des sorties éducatives ou encore l’introduction dans les programmes de nouveaux enseignements a accru ces dernières années l’importance de cet aspect gestionnaire fort éloigné des objectifs des coopératives scolaires définis dans leurs statuts et les circulaires ministérielles.
 
Quelles sont aujourd’hui les perspectives de l’OCCE ?
 
Elles sont nombreuses ! Pour construire son projet, notre organisation vise des objectifs d’instructions (connaissances), des objectifs pédagogiques (une méthode), des objectifs éducatifs (savoir être et savoir-faire), des objectifs de partenariat et d’ouverture de l’École. Nous devons réaffirmer les buts éducatifs des coopératives scolaires. Face aux difficultés que rencontre l’École, face au malaise d’une société qui semble ne plus avoir d’ambition sociale et politique, il est plus que jamais nécessaire d’amener les élèves, citoyens de demain, à résister aux menaces qui pèsent sur la démocratie. Il faut leur offrir les moyens de lutter contre les dangers de l’exclusion sociale et culturelle, en d’autres termes, à s’investir dans un projet politique, économique et social porteur d’espoirs.
 
Quels sont les moyens dont dispose l’OCCE pour cet apprentissage de la démocratie et l’exercice de la citoyenneté ?
 
En poursuivant un objectif d’instruction civique et économique, il faut faire découvrir aux élèves (et aux enseignants) qu’il existe, dans une société libérale, une autre façon de concevoir les rapports humains au sein de la société en général.

En publiant des documents pédagogiques, des vidéos mais aussi en organisant des actions nationales comme Étamine, prix OCCE des jeunes auteurs, ou en proposant des formations, nous défendons la « pédagogie coopérative » inspirée des principes et des valeurs de référence de l’organisation coopérative économique.

Dans une classe coopérative, la formation du « citoyen-élève » sous-entend que les apprentissages se construisent activement ensemble et non pas en compétition avec les autres.

Aujourd’hui, les conseils d’enfants, piliers de la coopération à l’école, sont au centre des interventions de l’OCCE auprès des enseignants et des étudiants en IUFM.

La formation dispensée par les militants de l’OCCE (pédagogues, enseignants détachés ou en poste) montre que la pratique du conseil correspond à un choix éducatif qui repose sur la confiance dans la capacité des élèves à décider et agir.
 
Quels sont les outils mis à la disposition des enseignants ?
 
L’OCCE, au travers de sa fédération nationale, de ses 102 associations départementales, et de son réseau de militants propose des outils très diversifiés aux enseignants.

Tout d’abord, l’OCCE organise, départementalement ou nationalement, de nombreuses opérations à destination des classes autour de projets concernant l’écriture, le jardinage, la vidéo scolaire, les droits de l’enfant, l’éducation aux médias, les pratiques artistiques… Les supports sont divers mais toutes ces opérations ont pour objectif de développer la coopération et la participation active des élèves dans la mise en œuvre du projet.
Notre revue Animation & Education, qui est probablement la revue pédagogique la plus diffusée en France (près de 40 000 établissements scolaires) propose quant à elle, tous les deux mois, des dossiers sur des thématiques éducatives spécifiques.

Les associations départementales interviennent d’autre part en formation initiale et continue des enseignants. Elles organisent des formations, des animations, sur, mais également en dehors, du temps scolaire dans des domaines pédagogiques et éducatifs.

Enfin, depuis quelques années, l’OCCE produit des « outils pédagogiques » sous forme d’ouvrages, de vidéo, de fichiers… diffusés par les CDDP (comme les « dossiers coopératifs » par exemple) les CRDP (« les sciences, innover, coopérer, enseigner) ou des éditeurs privés (notre fichier « apprendre en jardinant » par exemple)
 
Qu'en est-il de la volonté du Ministère de donner un statut administratif et juridique des écoles ?
 

J’ai du mal à vous répondre avec précision pour la bonne et simple raison que le Ministère, malgré nos demandes, ne nous a pas associés à cette réflexion qui embrasse certes des enjeux administratifs et juridiques (autonomie budgétaire, rôle et statut du Directeur…), mais également des enjeux de cohérence éducative pour un grand nombre de classes uniques ou de petites écoles.

Je crois que le souhait de donner un statut juridique et administratif aux écoles primaires est réel mais qu’il n’est pas récent, car plus que la volonté « politique », ce sont les solutions qui posent problème.

Je sais que plusieurs pistes ont été envisagées : transformation des écoles en «établissement public d’enseignement», création «d’établissements publics de coopération intercommunale», ou celle encore de la mise en réseau des écoles… mais je ne sais pas au juste celle qui sera retenue (ni même s’il n’en sera retenu qu’une seule) tant les réalités des écoles sont diverses, les contraintes nombreuses et les partenaires concernés (éducation nationale, enseignants, directeurs, maires…) d’avis parfois contraires.

 
Qu'est-ce que cela changera pour les projets d'avenir de l'OCCE ?
 
Si une solution administrative, juridique, est enfin trouvée cela devrait permettre de redonner aux coopératives scolaires le caractère d’associations de mineurs qui est le leur.

Celles-ci sont en effet trop souvent détournées de leur mission éducative au profit d’activités simplement gestionnaires dont les élèves sont la plupart du temps exclus.
Combien d’élèves, de parents et même d’enseignants connaissent les objectifs poursuivis par la Coopérative Scolaire définie dans la circulaire du 10 février 1948 comme une «société d’élèves gérée par eux avec le concours des maîtres en vue d’activités communes».

Combien savent simplement si leur coopérative est affiliée à l’OCCE et quand c’est le cas, combien savent qu’ils paient une cotisation à cette association dont ils sont de ce fait, membres… ?

Le paradoxe est que les collègues adhérents de l’OCCE nous reprochent parfois ce détournement d’objet et les contraintes comptables qui en découlent…

Pourtant, depuis sa création en 1928, les militants de l’OCCE n’ont cessé de rappeler au travers des publications, des formations, des conférences…les principes éducatifs, pédagogiques et démocratiques qui sont au cœur de la coopération à l’école.
Ce décalage, trop souvent constaté entre l’objectif éducatif et la réalité gestionnaire illustre à quel point, l’absence de statut des écoles est responsable de l'« instrumentalisation » des coopératives scolaires
 
L'OCCE est-il autant implanté dans les établissements secondaires que dans le primaire ?
 
Malheureusement non puisque l’implantation nationale dans le second degré doit être inférieure à 10%, alors qu’elle est proche des 80% dans le premier degré. Mais quelques éléments nous font espérer une évolution positive de cette situation. Tout d’abord, il faut remarquer que le nombre d’établissements du second degré affiliés à l’OCCE est stable depuis quelques années . De plus de nombreuses associations départementales ont « réinvesti » le terrain du second degré et organisent des formations de délégués élèves, certaines participent même à la formation des Conseillers Principaux d’Education.
Enfin, nous travaillons actuellement avec le Ministère à l’écriture d’une circulaire sur les coopératives scolaires qui, nous le souhaitons, présentera l’intérêt « éducatif et juridique » de l’affiliation à l’OCCE pour les Foyers Socio Educatifs.
 
Enfin, quel est le bilan de votre seconde semaine de la coopération à l'école ?
 
Mise en place l’an dernier en partenariat avec la Groupement National de la Coopération, qui regroupe les quinze familles coopératives françaises (coopératives de production, coopératives d’artisanat, de consommateurs, coopératives agricoles, coopératives de banques et de crédit… coopératives scolaires) cette « Semaine de la coopération à l’école est soutenue par l’ensemble des partenaires de l’éducation nationale : ministère bien sûr, mais également associations, mutuelles, coopératives de l’éducation, fédérations syndicales, associations de parents…

Son objectif est double. Il s’agit d’une part, de promouvoir la coopération à l’école et d’autre part de faire découvrir aux élèves et aux enseignants le monde des entreprises coopératives, qui sont, malgré la place significative qu’elles tiennent dans l’économie nationale, malgré leurs spécificités de fonctionnement et leurs valeurs de référence, fort méconnues du public.
Pour atteindre ces objectifs nous avons diffusé à l’ensemble des établissements scolaires du premier et du second degré des livrets pédagogiques incitant au travail scolaire coopératif. D’autre part, de très nombreuses entreprises coopératives ont, durant cette semaine, accueilli des classes. Enfin, des colloques réunissant enseignants et acteurs de l’économie sociale ont été organisés dans plusieurs régions pilotes.

L’OCCE et le GNC sont convaincus de l’intérêt éducatif de cette opération qui permet de mettre en évidence, qu’il existe à l’école, comme dans la société, une autre façon de concevoir les rapports humains et économiques, une autre façon d’entreprendre… qu’il existe d’autres valeurs que la compétition, l’exclusion des faibles, l’individualisme et le culte du profit.

Ce sont certes des objectifs ambitieux, mais de première importance si l’on souhaite construire par l’éducation, une société qui mette l’homme et la question sociale au cœur de son projet.
 
Site internet
www.occe.coop/federation/index.htm
 
S.A.U n°116 - juin 2004