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  L'ÉCOLE ET LES MÉDIAS
  LE CLEMI Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information
Le CLEMI est un établissement du ministère de l'Education nationale. Il a été créé en 1983, avec la mission "de promouvoir, notamment par des actions de formation, l'utilisation pluraliste des moyens d'information dans l'enseignement, afin de favoriser une meilleure compréhension par les élèves du monde qui les entoure, tout en développant leur sens critique." (Décret d’avril 1993).
Pour remplir cette mission, le Clemi propose aux enseignants des programmes de formations, d'animations, d'échanges et des publications pédagogiques.
 
Pour tous ceux qui sont intéressés par la création d’un journal scolaire, voici un panel des questions les plus posées au CLEMI.
 
Choisir le statut du journal
 
Si vous créez un journal d'échanges entre les membres de la communauté scolaire (personnel de l'établissement, élèves, parents), que vous le diffusez uniquement à l'intérieur de l'établissement, vous vous inscrivez dans le cadre des publications internes à l'établissement ne s'inscrivant pas dans le cadre de la loi de 1881.
 
Vous n'avez aucune déclaration légale à effectuer. Mais vous devez bien sûr informer le chef d'établissement et envoyer 3 exemplaires de chaque numéro au Clemi au titre du dépôt pédagogique.
 
Par contre si vous désirez enseigner à vos élèves les règles du droit de la presse, ou si vous souhaitez animer la vie du quartier ou du village et diffuser le journal à l'extérieur de l'établissement, vous vous inscrivez alors dans le cadre d'une publication de presse et vous devez effectuer quelques démarches et formalités.
 
Faut-il créer une structure juridique pour éditer un journal ?
 
Non. Un journal peut être édité et diffusé dans l'enceinte de l'établissement sans formalités juridiques. Néanmoins, il faut obligatoirement identifier le responsable de la publication et les rédacteurs. Dans ce cas, le journal ne peut être qu'un journal interne.
La seule formalité est le dépôt pédagogique.
 
Plusieurs journaux peuvent-ils cohabiter dans le même établissement ?
 
Oui. Un établissement scolaire est composé de personnes aux centres d'intérêts divers. Il est souhaitable que toutes les personnes désirant animer la vie scolaire puissent le faire.
De plus au regard du débat démocratique, il est même heureux qu'une pluralité d'opinion soit exprimée dans le cadre de l'établissement.
 
Ainsi l'énonce l'article 10 du chapitre 3 de la loi d'orientation du ministère de l'Education nationale n°89-486 du 10 juillet 1989 :
 
"Dans les collèges et dans les lycées, les élèves disposent, dans le respect du pluralisme et du principe de neutralité, de la liberté d'information et de la liberté d'expression."
 
Qui peut être directeur de publication ?
 
Le directeur de publication est le responsable des contenus du journal vis-à-vis de la loi. Il devra donc relire l'ensemble du numéro, avant tirage ou reproduction, pour s'assurer qu'il accepte tout ce que contient le journal. Il faut donc choisir une personne en accord avec la ligne éditoriale. Tout adulte, membre de la communauté éducative, peut être directeur de publication.
 
Dans le cas d'une diffusion interne à l'établissement, l'indication du nom du responsable de publication dans l'ours est suffisant sans autre formalité.
 
Dans le cas d'une publication diffusée à l'extérieur de l'établissement scolaire, elle est soumise à loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881. Le directeur doit alors être une personne majeure et un certain nombre de règles et formalités doivent être respectées.
 
Que peut-on écrire dans un journal ?
 
Dans le cadre professionnel comme dans le cadre scolaire, l'exercice du droit d'expression s'accompagne de devoirs. Il est nécessaire de toujours penser à l'impact des écrits et au respect de l'autre lorsque l'on s'exprime publiquement. Des règles et lois protègent la liberté et la dignité des personnes.
 
Les élèves doivent être sensibilisés au fait que l'exercice de ces droits entraîne corrélativement l'application et le respect d'un certain nombre de règles dont l'ensemble correspond à la déontologie de la presse.
 
La loi sur la liberté de la presse à laquelle toute publication est soumise, interdit :
 
Les provocations aux crimes et aux délits : vol, meurtre, coups et blessures, discrimination raciale...
Les délits contre la chose publique (offense au Président de la République...)
Les délits contre les personnes (diffamation et injure)
Les délits contre les chefs d'Etat et agents diplomatiques étrangers
La publication des actes relatifs à la justice est soumise à de nombreuses restrictions afin de protéger les victimes et de respecter les droits de la défense. Ces protections sont particulièrement importantes quand il s'agit de mineurs.
 
Les règles concernant ce qu'il est interdit de publier, sont rassemblés au Chapitre IV "Des crimes et délits commis par la voie de la presse ou par tout autre moyen de publication", articles 23 à 40 de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881.
 
Chaque journal est tenu de respecter la loi. Pour guider les journalistes, la plupart des rédactions se sont dotées d'un code de déontologie.
Voir le livre Faire son journal au lycée et au collège, O. Chenevez, CLEMI/CFPJ, 1995, pp. 106-111.
 
En ce qui concerne les journalistes collégiens, la Commission presse médias jeunes du réseau national des Juniors Associations a élaboré une charte des journalistes jeunes. Cette Commission peut vous apporter des conseils en cas de difficulté.
 
Peut-on écrire des articles sur la politique et la religion ?
 
Une réelle formation à la citoyenneté suppose d'apprendre à émettre des opinions, à écouter celle des autres, à les accepter ou les combattre, dans le respect de chacun. Dans ces conditions, la politique et la religion ne peuvent pas être des sujets tabous. Aucune restriction n'est mentionnée à ce sujet.
 
Cependant, le principe de laïcité, dont le principe de neutralité fait partie, suppose le respect de toutes les croyances comme cela est affirmé dans l’article premier de notre constitution.
 
Le principe de neutralité ne peut pas supporter le prosélytisme, l’atteinte à la dignité ou à la liberté de l’élève lui-même ou d’autres membres de la communauté éducative. Les élèves sont donc libres d’exprimer leurs opinions, mais dans le respect de toutes les croyances et de toutes les convictions.
 
Que répondre à une personne qui s'estime mise en cause dans le journal ?
 
En premier lieu, il faut lui donner un droit de réponse. C'est d'ailleurs, un corollaire obligatoire de la liberté d'expression, inscrit dans la loi sur la liberté de la presse. On peut également essayer de proposer à la personne qui s'estime mise en cause un espace d'expression (billet d'humeur, point de vue) dans le numéro suivant.


Mais le mieux est de prévenir. Réfléchir à un code de déontologie et le respecter. Enoncer la vérité est parfois complexe. Il faut bien peser ses mots et penser à respecter l'être humain - ou la catégorie à laquelle il appartient -, chaque fois qu'il vient à l'idée de mettre en cause quelqu'un.
 
Ainsi, il vaut mieux écrire que l'accès à la cantine nécessite de rester sous la pluie pendant quinze minutes ou relever les multiples fermetures imprévues du CDI, plutôt que remettre en cause directement le personnel de l'établissement. L'appel aux différents interlocuteurs et points de vue en présence sur une question délicate peut aussi constituer une bonne prévention en même temps qu'un bon réflexe journalistique.
 
En cas de problème, n'hésitez pas à faire appel à des médiateurs. Essayez de concilier : vous pouvez vous adresser aux correspondants académiques du CLEMI.
 
Peut-on insérer dans son journal des images trouvées dans d'autres médias ?
 
Non, les images comme les textes, sont protégés par le droit d'auteur. Vous ne pouvez les utiliser que si la mention "libre de droits" est indiquée et que vous respectez les conditions d'utilisation imposées par l'auteur.
 
Le droit d'auteur protège (sans procédure de dépôt) toutes les oeuvres de l'esprit (textes, images, vidéos, cartes de géographie, musiques, logiciels...).
 
Il concerne la représentation (même télédiffusée) et la reproduction de l'oeuvre. Aucune atteinte ne peut être portée à l'intégrité de l'oeuvre, sauf droit de citation.
 
L'adaptation, la traduction, la transformation, l'arrangement sont aussi illicites sans consentement. L'importation et l'exportation d'ouvrages contrefaits sont interdits. Toute oeuvre protégée par le droit d'auteur ne doit pas être utilisée même partiellement sans l'accord des titulaires des droits ou des ayant-droits.
 
A savoir : les journalistes, photographes et dessinateurs de presse sont généralement favorables à l'expression des jeunes et aux journaux scolaires. Ils accordent souvent le droit de reproduction de leurs oeuvres aux élèves qui en font la demande.
 
Le chef d'établissement peut-il exiger de lire et de corriger le journal avant sa reproduction et sa diffusion ?
 
Tout dépend si le chef d'établissement est le directeur de publication. S'il est directeur de publication, il doit relire le journal ( voir ci-dessus ).
 
Si un autre adulte assume ce rôle, cela est du ressort de la personne qui accepte cette responsabilité.
 
Quelle précaution prendre pour la création et le fonctionnement du journal ?
 
L'important est que l'ensemble de la communauté scolaire soit en accord avec le projet rédactionnel. L'argumentation du projet est certainement le meilleur moyen pour que le journal puisse voir le jour dans des conditions harmonieuses.
 
Il faut savoir utiliser les codes de déontologie. En 1918, le syndicat national des journalistes a élaboré la charte du journaliste qui est maintenant reconnue, en France, par la plupart des organisations professionnelles de journalistes.
 
Dans cet esprit, les rédacteurs du journal peuvent rédiger et signer un code de déontologie, qui donne les règles qu'ils s'engagent à suivre. Ce document peut être remis au chef d'établissement. Beaucoup de rédactions de journaux professionnels ont aussi leur code de déontologie.
 
Comment financer un journal scolaire ?
 
L'information n'est pas gratuite. Ne serait-ce que pour la reproduire, le matériel a un coût (ordinateur, traitement de texte, scanner, papier, photocopies,...)
 
Trois moyens de financement sont envisageables :
Les lecteurs : vente du journal
Les annonceurs : publicité (démarchage auprès d'annonceurs locaux potentiels), parrainage, prestations gracieuses
Les subventions : mairie, conseil général, conseil régional...
 
La vente :
 
Il est difficile d'appeler journal une publication diffusée totalement gratuitement. La décision de vendre un journal ne se situe pas uniquement au niveau du financement de celui-ci, mais aussi au niveau symbolique de la relation avec le lecteur.
 
Une distribution gratuite est tout à fait possible mais elle n'engage pas le lecteur. Payer le journal, ne serait-ce que 10 ou 50 centimes d'euros, est un engagement de l'acheteur; un geste qui signifie : "j'ai envie de lire le journal".
 
La vente d'un journal scolaire est soumise aux mêmes textes que n'importe quelle vente (petits gâteaux, boissons...) à l'intérieur de l'établissement. La gestion d'une vente à l'intérieur d'un établissement scolaire peut se faire par l'intermédiaire du Foyer Socio-Educatif au collège ou de la coopérative scolaire à l'école. Vous pouvez aussi créer une association spécifique pour la gestion du journal.
 
La publicité :
 
De nombreux journaux scolaires "vendent" un quart ou une demi-page à des annonceurs locaux, en général des commerçants du quartier. Présenter le journal et le projet rédactionnel, mettre en avant les lecteurs pour convaincre est un apprentissage riche. Si vous choisissez cette forme de financement, sachez rester indépendant par rapport à l'annonceur qui vous finance. Prévoyez des contrats précis et signés, soyez attentifs à la comptabilité (carnet à souche, factures, règlements...) Vous pouvez aussi négocier des prestations en nature : photocopies, flashage, impression...
 
Les subventions :
 
Vous participez à la vie locale, au développement de la vie de quartier, vous favorisez les échanges entre élèves d'un ou de plusieurs établissements, vous améliorez les relations entre les générations etc. ; les institutions éducatives ou les collectivités locales peuvent choisir de soutenir votre effort. N'hésitez pas à vous informer sur les dispositifs existants et à les solliciter.
 
Formalités et déclarations
 
Le Ministère de l'Education Nationale par la cirulaire n°2002-026 du 1er février 2002 a institué un dépôt pédagogique obligatoire pour les publications scolaires. Le CLEMI est chargé d'assurer l'archivage et la conservation de ces documents. Que votre journal soit interne à l'établissement ou qu'il soit une publication de presse, vous devez envoyer 3 exemplaires de chaque numéro au CLEMI.
 
CLEMI, 391bis rue de Vaugirard, 75015 Paris
 
Par ailleurs, le CLEMI vous conseille quelques formalités simples qui officialiseront votre journal et lui donneront une existence légale par rapport à l'extérieur.
 
Faire figurer toujours en clair dans chaque numéro le nom du directeur de publication. Il sera responsable des contenus du journal.
 
Mentionner dans chaque numéro l'adresse du journal, le numéro de série, éventuellement le prix et la périodicité, l'adresse de l'imprimeur (ou "imprimerie spéciale", s'il est imprimé par vos soins).
 
Indiquer toujours, et le plus précisément possible, la date de parution.
 
Si le journal est vendu à l'extérieur de l'établissement, déposer chaque numéro, en nombre suffisant, à la préfecture, à la sous-préfecture, ou plus simplement à la mairie.
 
S'il est vendu sur la voie publique, demander l'autorisation à la mairie et déposer le nom et l'adresse des vendeurs. (Vous pouvez vous informer sur les conditions de dépôt légal auprès de ces organismes ou des directions de la Poste)
 
informer les coordonnateurs académiques du CLEMI.
 
Site internet
www.clemi.org
 
S.A.U n°117 - septembre 2004