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  LA SÉCURITÉ À L'ÉCOLE
  LE SUIVI DES ACCIDENTS SCOLAIRES
Depuis sa mise en place en 1995, l’Observatoire National de la Sécurité des Établissements Scolaires et d’Enseignement Supérieur réalise une étude permanente sur la nature des accidents corporels dont sont victimes les élèves et les étudiants lors de leurs activités scolaires et universitaires.
Cette enquête effectuée directement auprès des établissements n’a pas pour ambition de recenser l’exhaustivité des accidents mais bien de former une base de données permettant d’analyser leur type et d’alerter sur certaines circonstances « à risques ».
 
À savoir, l’Observatoire ne prend en compte que les accidents ayant eu pour conséquence, a minima, une hospitalisation ou un acte médical.
 
L’analyse des résultats de l’enquête pour l’année 2003/2004.
 
Pour l’enseignement primaire, l’augmentation du taux de répartition des accidents suit exactement la courbe de l’âge des élèves : de 9% en petite section de maternelle à 18% en CM2.
 
Les accidents dont sont victimes ces élèves concernent :
pour 54% la tête (avec 69% de cas en moyenne maternelle et 31% en CM2),
pour 31% les membres supérieurs avec une prédominance au niveau des doigts
pour 18% les membres inférieurs avec une prédominance au niveau des chevilles
pour 17% les dents alors qu’ils représentaient 15% l’année précédente 12% en 2001/2002 et 6% en 2000/2001.
 

En termes de gravité, les accidents ayant entraîné une hospitalisation supérieure à 48 heures représentent 1% du total des accidents, avec un pic à 1,3% en CE2.

 
Les lieux de survenue des accidents se situent :
à 78,7% dans la cour et sur les terrains de jeux
à 2,5% dans les sanitaires, mais ce chiffre augmente à 4,4% en petite section de maternelle.
 
On observe que 21% des accidents surviennent à l’occasion de la pratique d’une activité d’éducation physique. Enfin, dans près d’un tiers des accidents recensés, une autre personne que la victime est concernée, le plus souvent un autre élève…ce qui prouve que dans la plupart des cas, l’enfant se blesse seul.
 
Pour le collège, la base de données montre cette fois que le taux d’accidents diminue avec l’âge : de 29% en 6ème à 20% en 3ème.
 
Le pourcentage important d’accident en 6ème peut s’expliquer par le temps d’adaptation nécessaire pour s’habituer à l’univers du collège, très différent du primaire tant par l’espace que par l’encadrement.
 
Au collège, garçons et filles sont touchés de manière majoritaire aux chevilles et aux doigts.
 
La proportion des accidents entraînant une hospitalisation supérieure à 48 heures représente 2,1% du total des accidents, (de 1,8% en 6ème à 3% en 3ème)
 
Avec 54%, l’EPS demeure, au collège, l’activité au cours de laquelle survient le plus d’accidents : 41% de ces accidents ont lieu lors de la pratique de sports collectifs, 22% à l’occasion d’exercices de gymnastique et 12% en athlétisme. Enfin, dans 28,4% des cas, une autre personne est concernée.
 
Au lycée, comme les années précédentes, les accidents en classes de BEP sont majoritaires : ils représentent 35% des dossiers.
 
Les chevilles et les doigts sont les localisations majoritaires, quel que soit le niveau, pour les garçons et les filles.
 
Le nombre d’accidents générant une hospitalisation supérieure à 48 heures représente 1,7% des dossiers contre 1,5% l’année précédente : ce taux est inférieur à celui des collèges et pratiquement équivalent à celui constaté dans le primaire.
Encore une fois c’est pendant la pratique de l’EPS que les accidents sont les plus nombreux (50,5%).
 

Cette enquête peut être rapprochée de l’étude menée récemment par l’Institut de Veille Sanitaire sur les accidents de la vie courante. En effet, la moitié de ces accidents de la vie courante concerne les 0-16 ans. Chez les tout petits, c’est à l’intérieur de la maison que se situe le danger , particulièrement dans la chambre et la cuisine. En grandissant, les risques se déplacent vers l’extérieur. 58% des accidents de la vie courante des 0-16 ans surviennent lors d’activités de jeux et de loisirs, 19% lors de la pratique d’un sport en dehors de l’école et 9% surviennent en milieu scolaire. Le croisement des chiffres de ces deux rapports confirme le fait que l’école est un lieu où les accidents sont moins nombreux que dans la sphère privée.

 
S.A.U n°118 - décembre 2004