| Il entre dans
les missions du Ministère
de l’Éducation Nationale de prévoir
une éducation
à la sécurité dans les enseignements,
la vie scolaire et également, sous d’autres
formes, dans les activités post et péri
scolaires. |
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L’obligation d’assurer
une éducation à la sécurité
en milieu scolaire, prévue par des textes législatifs,
concerne trois familles de risques :
- la sécurité routière,
- les accidents domestiques,
- les risques majeurs naturels et technologiques. |
| Cette éducation à la sécurité
est une éducation citoyenne qui se construit de
l’entrée à l’école maternelle
à la fin des classes de lycée. |
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| À pied ou en vélo plutôt
qu’en voiture… |
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| La mobilisation en faveur du transfert des déplacements
en voiture vers la marche à pied pour les déplacements
scolaires connaît ses premiers succès en France.
En effet, l’attention portée à
la sécurité routière et à
la pollution atmosphérique, la sensibilisation des
parents à la santé, l’émergence
de l’obésité, le souci de revitaliser
la vie des quartiers, la perception des problèmes
posés par le fait de déposer les enfants
en voitures contribuent à cette mobilisation. |
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| La voiture est à ce point ancrée dans
notre mode de vie que même les trajets les plus courts
sont effectués à quatre roues : 26% des trajets
sont inférieurs à 1 km ; 52% des trajets
sont inférieurs à 3 km. |
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| Tous les jours devant l’entrée des établissements
scolaires, les enfants sautent des voitures de leurs parents,
se glissent à travers les véhicules en stationnement
pour rejoindre les grilles de l’établissement.
Les élèves qui se déplacent à
pied ou à vélo ont peu de place pour circuler
et risquent de se faire renverser à tout moment. |
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En 1976, au Danemark, la ville d’Odensee
organise le programme « aller-retour
sécuritaire
pour l’école » en réaction
à l’accroissement du nombre d’accidents
graves survenus à des enfants sur le chemin
de l’école.
Trois années de collaboration entre pouvoirs
publics, enseignants et parents aboutissent à
d’excellents résultats : une baisse
de 85% du taux annuel d’accidents.
Cette expérience est reprise dans de nombreux
pays : Grande-Bretagne, Australie, Japon, Canada,
Etats-Unis. En 1997, le « Partnership for a
walkable America » lance une journée
« Marchons vers l’école ».
L’année suivante, c’est le Canada
qui prend le relais sous la houlette de l’association
« Vert l’action ».
Devant le succès de cette opération,
d’autres pays s’engagent dans cette voie.
La plupart du temps, ce sont des associations environnementales
ou de protection des piétons qui coordonnent
les actions, avec le soutien des gouvernements ou
des autorités locales.
Le 4 octobre 2000 a lieu la première journée
internationale « I walk to School »
: 2,5 millions d’enfants y participent. Depuis,
plusieurs dizaines de pays et plus de 4 millions
d’enfants sont concernés. |
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| Une solution : l’autobus pédestre. |
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| Il s’agit d’organiser un ramassage scolaire
qui se fait à pied. Le groupe d’enfants est
encadré par des adultes qui le prennent en charge
à tour de rôle en différents endroits
de l’itinéraire. Tout est organisé
comme pour une ligne de bus (arrêt, horaires, lignes,
conducteur….), mais à pied ! |
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| Bien sûr, avant de se lancer dans l’aventure,
il faut constituer une équipe de parents motivés,
d’enseignants concernés et de pouvoirs publics
interressés. |
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| D’abord, il s’agira d’établir
un diagnostic : connaître les habitudes de déplacements
des familles, situer le périmètre scolaire,
cerner la cartographie, etc…. |
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| Lorsqu’on sait que 40% des trajets domicile /
école sont effectués en voiture, les arguments
environnementaux et sécuritaires ont un poids non
négligeables. |
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| L’autobus pédestre a bien d’autres
avantages que de désengorger les abords de l’école
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au niveau de la santé : de plus en plus
d’enfants ont des problèmes de poids
liés à leur sédentarité
et des problèmes d’asthme liés
à la pollution. |
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au niveau de la sécurité : l’enfant
n’a pas une perception innée du danger.
L’autobus pédestre permet de lui faire
prendre conscience des dangers de la route. Il peut
ainsi acquérir les bons réflexes. |
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| À ce propos, des études menées
en Grèce et à Londres ont montré
qu’à l’âge de 8 ans, 9 enfants
sur 10 qui avaient l’habitude de traverser seuls
la rue trouvaient spontanément l’endroit le
moins dangereux pour traverser contre seulement 1 sur 5
de ceux qui n’étaient pas habitués
à traverser seuls. Il est ainsi démontré
que la surprotection retarde l’autonomie de l’enfant.
On a constaté une augmentation des accidents de
piétons vers 11-12 ans au moment de l’entrée
au collège. |
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| Au niveau de la pollution : 30% des émissions
de CO2 émanent du trafic routier. |
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| L’accompagnement des écoliers en voiture
aggrave la pollution aux abords des écoles. De plus
dans une circulation lente, les niveaux de pollution sont
plus importants à l’intérieur de la
voiture qu’à l’extérieur. |
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| En France, toutes ces données commencent à être
prises en compte. |
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| Une étude récente commandée par
l’ADEME, s’interroge sur la part des trajets
domicile / école en voiture qu’il serait possible
de basculer vers les « modes non motorisés
» et conclut que le potentiel de report de la voiture
vers la marche à pied « est élevé
» : de l’ordre de 10 à 15% tous âges
confondus, mais beaucoup plus dans le primaire (jusqu’à
40%). |
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| Des aides pour la mise en place de bus pédestre. |
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| Provider est un projet européen
réunissant des partenaires français, allemands,
autrichiens, anglais, portugais et roumains qui vise à
mettre en œuvre des « Plans de Déplacements
pour Etablissements Scolaires ». |
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| En France, Rhônalénergie-Environnement
( RARE) a accompagné l’élaboration
de 9 plans de déplacements (6 écoles, 2 collèges
et 1 lycée) pour les villes de Romans, Chambéry,
Saint Genis les Ollières, Villeurbanne et Feyzin.
Les résultats ont été
élaborés et validés à chaque
étape avec les parents, les représentants
de l’éducation nationale, les villes et les
riverains. |
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| Le site internet en français www.allerverslecole.net est
désormais disponible et permet aux enseignants,
aux parents, aux enfants et aux collectivités locales
de disposer d’informations sur les déplacements
domiciles / établissements scolaires et de télécharger
de nombreux outils pédagogiques ou ludiques en français
(issus d’expériences étrangères
la plupart du temps, mais adaptés au contexte de
la France). |
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| Opération
« Pédibus » à Bourg lès
Valence dans la Drôme.
À
la base de cette initiative : une insécurité
croissante aux abords de l’école
des Chirouzes. Située dans une impasse
avec un petit espace de retournement, cette voie
était très embouteillée
aux entrées et sorties de classes….les
parents attendant pendant 10, 15 voire 20 minutes
la sortie des élèves ! Ceci avec
des stationnements dangereux pour les piétons
(enfants, parents avec poussettes, etc…)
qui se trouvaient alors obligés de «
passer » sur la chaussée. Les parents
craignant alors pour leurs enfants piétons,
décidaient de les accompagner en voiture,
ce qui augmentait la circulation et alimentait
une spirale infernale !
Des parents, aidés par l’adjoint
chargé de la circulation et celui chargé
de l’environnement, ont provoqué
des rencontres pour sensibiliser les familles
à ce problème. Une étude basée
sur les adresses des élèves et donc
sur la distance qu’ils avaient à
parcourir, a fait ressortir que 50% de la population
scolaire habitait à moins de 500 mètres
de l’école. Une enquête auprès
des utilisateurs potentiels de « Pédibus
» a confirmé la faisabilité
du projet et une première ligne a vu le
jour.
Devant le succès de cette opération,
ce sont trois nouvelles lignes qui fonctionnent
depuis la rentrée 2004.
La circulation automobile a été
réduite d’environ 30% dans la rue.
L’organisation a permis à des parents
de ne plus se déplacer chaque jour pour
accompagner leurs enfants ou de se déplacer
moins souvent. Les parcours sont sécurisés
par la pose de barrières et points d’arrêt
mais aussi par le port de gilets fluorescents.
Le point faible de cette nouvelle forme de ramassage
scolaire est qu’il ne fonctionne ici qu’avec
des parents bénévoles, ce qui pose
la question de la pérennité du dispositif. |
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| S.A.U n°118 - décembre
2004 |