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LE DESIGN ENTRE À L'ÉCOLE |
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ÉCOLE MATERNELLE DE MA
RÉJAILLIERE (St-Etienne 42) |
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| Pour sensibiliser les élèves,
petits et grands,
à leur environnement proche, les enseignants ont des
moyens pédagogiques à leur disposition, notamment
par la Mission pour l’éducation artistique et
culturelle. |
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| Bien sûr, le corps enseignant n’a pas attendu
l’arrivée de CD-Roms, vidéos et autres
valises pédagogiques pour, par exemple, initier ses élèves
au patrimoine historique, culturel ou naturel à proximité
de l’école. |
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| Mais aujourd’hui que ces outils existent, les classes
à projet artistique et culturel «patrimoine», «design» ou «architecture» permettent à chacun
de compléter l’éducation du futur citoyen. |
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| Ainsi, le thème «Patrimoine à l’école» permet
de développer l’identité
culturelle en se fondant sur l’apprentissage de la
citoyenneté et du territoire, à travers les
monuments de notre mémoire collective. D’autres
domaines, abordés conjointement ou séparément,
comme l’architecture, mettent en avant des projets
dont l’enjeu essentiel est de préparer l’enfant
à devenir, dans son environnement, un acteur imaginatif,
exigeant et responsable. |
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On peut citer le projet «architecture &
patrimoine» d’un collège de Besançon dont
l’objectif général
était l’intégration de l’enfant
dans son cadre de vie par l’initiation aux formes
urbaines, à l’architecture, au patrimoine
historique local, à l’histoire des arts.
Une meilleure connaissance de ces données recueillies
sur le terrain a permis aux élèves de
mieux comprendre l’importance de la préservation
du patrimoine dans un environnement urbain en mutation. |
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| Encore plus concret, le domaine du design
connaît un engouement certain depuis peu. Domaine à la
fois créatif et technique, le design met en forme
les objets du quotidien. Son étude passionne les enfants
et leur permet de décrypter notre société,
ses besoins et ses aspirations, de développer l’aspect
critique face au phénomène consumériste
et aux procédés de communication. |
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| L’expérience de
l’école maternelle de la Réjaillère
à Saint-Etienne est particulièrement passionnante : |
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Les
élèves sont, en effet, devenus acteurs-spectateurs
de la rénovation de leur école. Cette
action, menée pendant l’année scolaire
2001/2002 dans le cadre d’un projet d’école
et de projets de classes à
PAC, est l’aboutissement d’un travail amorcé depuis
1999 sur la rénovation des locaux de l’école. |
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| Ainsi, l’année 1999/2000 a vu naître
l’aménagement et l’exploitation d’un
espace théâtre (modulable et adapté),
l’année 2000/2001, la création de silhouettes
pour constituer le décor du théâtre et
l’aménagement des couloirs. |
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| Chaque année, la préparation des activités
s’est traduite par la mise en place d’un système
de parrainages à plusieurs niveaux : au sein de la
maternelle, entre petite et grande section et entre
établissements, entre la grande section de la maternelle
et les élèves des lycées professionnels
Benoît Fourneyron de Saint-Etienne et Casanova de Givors
(section Ebénisterie, Plasturgie et Prêt-à-
Porter). L’expérience des années précédentes
a permis en 2002 d’associer l’École des
Beaux-Arts de Saint Etienne, dont certains élèves
ont mis leur talent de designer-graphiste au service du projet. |
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| La richesse de ce projet, on l’aura
compris, repose sur l’intéraction entre élèves
: il met en contact des élèves d’un
âge différent, de structures scolaires
variées et d’origine et de milieux sociaux
disparates. |
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| Pour Stéphane Avril, directeur de l’école
maternelle de la Réjaillère, «un
projet ne peut réussir, exister, qu’avec une
base solide, cimentée dans des rapports humains. L’équipe
qui m’entoure, Patricia Marcoux-Aste, enseignante,
Pascale Julien, remplaçante et Gilles Sabatier, professeur
relais au Musée d’Art et d’industrie,
sans oublier les aides-éducatrices et les ATSEM, a
joué un rôle primordial dans la réussite
de ce projet. Car, nous devons avoir une véritable
envie d’action, en privilégiant le plaisir de
travailler ensemble, quels que soient les partenaires. Il
n’y a aucune démagogie dans ces propos. La valeur
des mots n’a de valeur que par les actions, les émotions
qui les accompagnent. Là est le projet. » |
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| L’école maternelle a donc mis à disposition
un espace, l’école, qu’elle voulait faire évoluer,
transformer, dans une perspective pédagogique. Les
enseignants ont voulu que ces transformations soient réfléchies
par rapport à des situations d’apprentissage;
la finalité de cette initiative est d’obtenir
un nouveau concept d’école grâce à des
espaces, des objets, des affichages pensés par rapport à une
logique culturelle et pédagogique . Les différentes étapes
de ce projet ont permis un travail dans l’école
d’abord, puisque les petits ont pu donner leur avis, émettre
des idées, tester des objets et participer à
l’aménagement, mais aussi hors de l’école
avec les visites du lieu de production (le lycée professionnel),
du musée d’Art et d’Industrie, de la biennale
du design à Saint-Etienne ainsi que du site «Patrimoine
Le Corbusier à Firminy
». |
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Dans chacun des lieux de l’école, salles
de classe, couloirs, bibliothèque, hall d’entrée
ou salle d’EPS, un travail de réflexion
a été fait sur les murs, le sol, l’éclairage,
les ouvertures. |
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| Ainsi, les couloirs ont été rénovés
en concertation avec les Beaux-Arts pour le choix et l’emplacement
des couleurs, des housses pour les chaises ont été
créées ainsi que des lampes pour l’espace
sieste. Dans le même temps, le mobilier scolaire a
pu évoluer grâce au travail des concepteurs
(Ecole des Beaux-Arts), des réalisateurs (lycée
professionnel) et des utilisateurs (école maternelle).
Ces collaborations ont abouti à des réalisations
concrètes : |
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le
« triptyque », conçu comme une piste
graphique réunissant 3 élèves
; |
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«
les cubes » qui sont des sièges qui peuvent
s’empiler pour devenir une table, mais qui peuvent
aussi devenir caisses de rangement (présentés à la
Biennale internationale du Design) ; |
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les porte-manteaux en forme de vague
; |
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l’éclairage, avec des
lampes imaginées pour aider et faciliter l’endormissement
dans la salle de sieste. |
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| La transformation des chaises a eu une place à part
dans le projet puisqu’elle a permis d’impliquer
les parents d’élèves… en emportant
chez eux une chaise vétuste, enfants et parents pouvaient
laisser libre cours à leur créativité.
De cette manière, la chaise est donc devenue à
la fois objet d’expression artistique et objet de théâtre
(par un jeu d’utilisation «poétique»). |
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Une autre activité s’est également «
greffée» au projet : la réalisation
d’un document vidéo, en collaboration avec le
CDDP, qui présente toutes les étapes du projet.
Une activité qui a ouvert de nouvelles perspectives
en sensibilisant les
élèves à différents aspects cinématophiques
et en leur permettant de créer les paroles d’une
chanson qui a servi de générique au film.
Avec un contenu pédagogique, culturel et artistique
cohérent, ce projet a permis aux « élèves
acteurs spectateurs de transformer leur école en un
outil de savoir à dominante culturelle» rappelle
le directeur de l’école maternelle. La présence
de nombreux partenaires n’a certainement pas été simple à gérer
par rapport au développement du projet, mais c’est
certainement ce qui a contribué à sa richesse
exceptionnelle. «La mise en place
de toutes ces actions nous motive pour poursuivre cette aventure» conclut
Stéphane Avril «nous avons
d’ailleurs
élaboré un nouveau projet s’articulant
autour d’une problématique fédératrice
: comment des élèves de maternelle peuvent-ils
s’approprier le mobilier de leur école et
l’animer ? Ainsi, après avoir participé
à la transformation de leur école, les élèves
vont s’appuyer sur leur imaginaire pour «
donner de la vie » à ce lieu en réalisant
un film d’animation.» |
| Une expérience à méditer
et à
suivre pour celles et ceux que l’environnement de l’école
intéresse. |
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